Projets urbains
- Publié le 17 septembre 2021

Zoom sur... La Part-Dieu

Le 2e quartier tertiaire de France doit aussi être un quartier à vivre. Rendre toute leur place aux habitants et à la nature est l’objectif de la révision récente du projet.

Contenu

Pas moins de 2 500 entreprises, un pôle d’échanges multimodal incluant la première gare de correspondance en Europe, le plus grand centre commercial de France dont une nouvelle tranche vient d’être inaugurée…, le quartier de la Part-Dieu multiplie les superlatifs. Ces particularités ne doivent pas faire oublier que 20 000 personnes y vivent.

C’est pour permettre à ces habitants, ainsi qu’aux salariés et visiteurs, de s’y sentir bien que le projet a été modifié. Il prévoit, d’ici à 2029, de : faire passer de 80 000 m2 à 120 000 m2 les espaces piétons ; de 4 500 mètres à 9 600 mètres les itinéraires cyclables ; de 900 à 2 140 le nombre d’arbres ; de 33 700 m2 à 67 200 m2 les  surfaces perméables.
La canopée occupera une surface de 9 600 m2. 40 % de logements sociaux seront proposés dans les nouveaux programmes contre 25 % actuellement.

En outre, la place Charles-de-Gaulle sera rénovée afin de mieux valoriser l’Auditorium. Pour les entreprises, un immobilier tertiaire plus durable et flexible sera favorisé.
lyon-partdieu.com


Palais gourmet

Attirant les amateurs de bonne chère, les Halles de Lyon-Paul Bocuse sont un pilier du quartier. 56 commerçants y offrent l’excellence. Entretien avec la pionnière, Renée Richard, et le dernier arrivé, Pierre Couturier.

Les yeux pétillants de bonheur, Pierre Couturier explique avoir repris le groupe Bobosse avec son associé Bruno Delattre le 31 mars 2021. En plus, « nous fêterons cette année les 60 ans de l’entreprise créée par René Besson, surnommé “Bobosse” par ses amis. » Le quinquagénaire n’est pourtant pas issu du monde de la gastronomie. Sur son CV : infrastructures télécom et textile. « J’ai décidé de quitter un travail “alimentaire” pour me lancer dans ce qui me passionne. » Avec un challenge à relever. « Nous avons un nom, un héritage, nous ne devons pas décevoir. » L’andouillette de veau restera l’emblème de la charcuterie, les produits seront toujours frais et locaux.

Il est fier de partager la photo avec Renée Richard, indispensable patronne de la Fromagerie la Mère Richard. À ce jour, c’est elle qui a passé le plus de temps aux Halles. « Je suis arrivée ici en prêtant la main à ma mère alors que je faisais des études de notariat. Je suis restée. » C’était en 1975, 10 ans après la création de la boutique aux Halles des Cordeliers. En 1971, les mêmes Halles avaient déménagé à La Part-Dieu, quartier voué à l’expansion. L’experte du saint-marcellin assure que « Pierre Couturier est le bienvenu. Il faut que les grandes institutions perdurent. » La longévité, elle en connaît les ingrédients : « qualité et travail ». « Je ne me lasse pas. J’aime mes clients ici, ils sont fidèles, et j’adore ma clientèle de restaurateurs. » Un plaisir partagé.


La bibliothèque

La bibliothèque de La Part-Dieu est la plus grande de France. Avec son million de visiteurs par an, elle fait partie des centres de vie et de mixité du quartier au même titre que la gare et le centre commercial. Ici, étudiants, seniors, familles, employés des entreprises alentour autant qu’habitants viennent pour emprunter ou se poser pour lire, écouter, voir, s’informer, jouer, apprendre. On peut aussi embellir ses murs grâce à l’artothèque ou son balcon avec la grainothèque. Une bulle de petits bonheurs simples et de grandes découvertes, c’est selon.

 

Colonne de droite 1

Interview

Claude Kovatchévitch, guide balades urbaines Nomade land
 
Qui visite la Part-Dieu ?
En général, un tiers sont des habitants du quartier ou des alentours. Un autre tiers est composé d’habitants de toute l’agglomération qui ont envie de connaître le projet. Car c’est un quartier utilisé par tout le monde. Il est un des éléments de centralité de l’agglomération lyonnaise du fait de la présence de la gare d’abord mais aussi de la bibliothèque municipale, qui est une institution majeure culturellement comme l’Auditorium, et du centre commercial. Les Halles Paul Bocuse comptent beaucoup aussi. Et un tiers sont des étudiants.

Pourquoi viennent-ils ?
Pour voir ce qu’il se passe ici. Ils sont curieux de connaître l’évolution du quartier. Les gens veulent comprendre. De plus, la Part-Dieu fait partie de l’histoire urbaine de Lyon, elle est digne d’intérêt.

Quel avenir selon vous ?
Au vu du projet, il y aura plus d’habitants, donc ça va participer du liant, c’est ce qui lui manque encore aujourd’hui. Des espaces publics de qualité vont contribuer à la vie du quartier, à créer une âme.

Votre endroit préféré ?
Le parvis Renée Richard avec le parking en colimaçon.
 
Colonne de droite 2

Au fil de lyon...

 
 
Cet article est issu du numéro d'automne d'Au Fil de Lyon est paru ! Il est édité sous la forme d’un trimestriel dont la parution est liée aux saisons.

En images