Solidarité
- Publié le 21 janvier 2022

La Nuit de la Solidarité à la Part-Dieu

Visant à recenser les personnes sans abri et à identifier leurs besoins afin d'adapter les politiques publiques, la première Nuit de la Solidarité à Lyon a eu lieu le 20 janvier. Maraude aux côtés de l'équipe de bénévoles de la Part-Dieu.

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Jeudi 20 janvier, 19h, quartier général du 3e arrondissement ouest. Sur place, deux responsables, Hélène et Etienne. Ils travaillent à la Ville de Lyon, au sein de la direction du Développement territorial pour Hélène ; à la direction de la Construction pour Etienne. Comme les quelque 500 autres participants à l’opération sur Lyon, ils sont bénévoles. « Je suis là parce que je trouve l’objectif  intéressant. Cela m'est aussi utile à titre professionnel », souligne Hélène. « Cela fait un moment que je me dis que je dois me réengager dans une action. C’est l’occasion d’aider », déclare Etienne.

Ils ont reçu une formation pour l'organisation de cette soirée inédite à Lyon et sur les clés pour aborder au mieux ce public en grande difficulté et fragile. Des consignes qu’ils partagent dès l'arrivée des chefs d'équipe vers 19h30. Puis avec les participants, invités, eux, à rejoindre le QG pour 20h.

Recenser dans la bienveillance

Au final, une quarantaine de personnes, de tous âges, sont mobilisées pour couvrir la moitié du 3e arrondissement. Leur mission : sillonner les rues pour rencontrer les personnes sans abri, remplir le questionnaire de recensement car l’Insee comptabilise tout le monde et poser d’autres questions, si la personne donne son accord, afin d’identifier ses besoins en matière d’hébergement, d’alimentation, d’hygiène, de santé… Des renseignements précieux pour mieux comprendre les problématiques rencontrées et adapter les politiques publiques en fonction.

Parmi les impératifs pour les groupes de volontaires : ne pas déranger les personnes dans leur tente, ne pas rentrer dans les squats, les parcs, les halls d’immeubles, ne pas insister et appeler les secours si l’on détecte une personne en danger… Comme préalable, la bienveillance, évidemment.

Aider

20h40, plan et questionnaires en main, l’équipe de la Part-Dieu se met en route. Elle est pilotée par Marine, de l’association Entourage, et Juliette, qui travaille au Centre communal d’action sociale de Vénissieux. A leurs côtés, Nadia, Océane, Andy, Esmeralda, Steven, Louison, Alexia, Agathe et Elise.

Pour Océane et Andy, comme pour beaucoup ce soir, c'est la première maraude. Ils ont 21 ans. En couple, ils sont venus vivre à Lyon en septembre dernier, pour les études de communication d’Océane. « Nous avons vu un article dans la presse sur le sujet et on s’est dit que si on pouvait aider… », expliquent-ils. « De mon côté, je viens de m'inscrire comme volontaire aux Restos du cœur », indique Andy.

A 21h, la petite troupe est devant la gare de la Part-Dieu. Ses grandes palissades blanches et le fort éclairage liés aux travaux en cours sont comme un phare dans la nuit. A l'inverse, côté gauche, la place de Milan est sombre. Les tentes grises le long des façades sont à peine visibles. Petite déception, toutes sont fermées, les occupants ne peuvent pas être interrogés. Qu'à cela ne tienne, « nous les répertorions quand même sur le questionnaire Insee », décide Marine. L'équipe dénombre 38 abris.

D'escaliers en esplanades

Puis le groupe se scinde en deux pour parcourir les autres rues de la zone attribuée. On se souhaite "Bonne route !". Car dans ce quartier, les différentes tours, les escaliers du complexe Britannia, les esplanades du centre commercial surplombant l’Auditorium…, compliquent un peu la tâche. Mais cela n’entame pas la motivation de chacune et chacun. Tous ont à coeur de n'oublier personne. Quatre copines, Louison, Alexia, Agathe et Elise, se sont toutes engagées en même temps et inscrites pour le même secteur. « C’est Alexia qui nous en a parlé. Nous sommes dans la même promo d’assistante sociale, en 1re année. C’est une découverte pour nous. Cela nous permet de voir comment ça fonctionne. »

Sous couvert d’anonymat, les personnes sans abri répondent volontiers aux questions. Saisonnier l’été, un couple vit dans la rue l’hiver. Un monsieur a été expulsé de son logement voilà deux mois. Il connaît bien les dispositifs d’aide et trouve des ressources auprès de l’association les Amis de la rue. 

Retour au QG

A 23h15, la mission est accomplie. Pour les bénévoles, cette soirée pas tout à fait comme les autres prend fin. Les responsables d’équipe, elles, retournent au QG. Marine et Juliette sont les dernières à revenir. Aussitôt, Hélène et Etienne récupèrent les questionnaires en faisant le point avec elles. Il leur reste encore à classer et ranger les documents dont les informations seront ensuite traitées et analysées par un comité scientifique, et les résultats de l’enquête seront rendus publics.

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